L’article en bref
Le remboursement du vaccin HPV Gardasil 9 est désormais étendu jusqu’à 26 ans pour tous.
- Protection élargie : Le vaccin couvre neuf souches de HPV responsables de 90% des cancers du col de l’utérus et 80% des cancers de l’anus, même après le début de la vie sexuelle.
- Schéma vaccinal : Trois injections sur six mois pour les 15-26 ans, administrées par médecins, pharmaciens, sages-femmes ou en centres gratuits.
- Remboursement : Prise en charge à 65% par l’Assurance Maladie plus mutuelle, totalement gratuit dans les structures publiques.
- Enjeu sanitaire : Chaque année, 6 400 cas de cancers liés au HPV en France, touchant femmes et hommes.
- Complémentarité : La vaccination ne remplace pas le dépistage régulier ni l’utilisation du préservatif.
Je vais vous parler aujourd’hui d’un sujet crucial en santé sexuelle : la vaccination HPV chez les adultes. Depuis décembre 2025, une avancée majeure a vu le jour avec l’extension du remboursement du Gardasil 9 jusqu’à 26 ans pour tous. Cette évolution met fin à une inégalité persistante et ouvre de nouvelles perspectives de protection. Avec mon expérience de spécialiste de la santé sexuelle chez Integration-Rubis, je constate quotidiennement l’impact des infections à papillomavirus sur mes patients. Ces virus représentent l’infection sexuellement transmissible la plus répandue, touchant près de 80% des personnes sexuellement actives à un moment de leur existence. La vaccination reste un outil préventif remarquable, même après le début de la vie sexuelle, car elle protège contre les infections futures et prévient l’apparition de lésions précancéreuses qui peuvent évoluer vers des cancers des années plus tard.
Pourquoi la vaccination demeure efficace même à l’âge adulte
Beaucoup pensent à tort que la vaccination contre le papillomavirus ne présente d’intérêt que pour les adolescents n’ayant jamais eu de rapports sexuels. C’est une idée reçue que je combats régulièrement. Le Gardasil 9 conserve une efficacité remarquable chez les adultes de 16 à 26 ans, y compris chez ceux déjà exposés à certains types de HPV. La raison est simple : il existe environ 200 types de papillomavirus, et le vaccin protège contre neuf souches spécifiques responsables de 90% des cancers du col de l’utérus, 80% des cancers de l’anus et 90% des verrues génitales.
Les données cliniques montrent une protection prolongée jusqu’à 12 ans après l’injection. Même si vous avez été exposé à un ou deux types de HPV, le vaccin vous protégera contre les autres souches couvertes. Cette protection est particulièrement importante car le pic d’incidence des infections HPV chez les femmes en France se situe entre 20 et 24 ans. Environ 3,6 millions de jeunes adultes âgés de 20 à 26 ans n’ont pas bénéficié de la vaccination à l’adolescence, constituant une perte de chance considérable.
Le schéma vaccinal adapté aux adultes
Pour les personnes de 15 à 26 ans révolus, le protocole diffère de celui des plus jeunes. Vous devrez recevoir trois injections selon un calendrier précis : la première dose à l’instant initial, la deuxième deux mois plus tard, et la troisième six mois après la première. L’ensemble doit être complété en moins d’un an. Ce schéma garantit une immunisation optimale et durable.
Je recommande vivement de respecter scrupuleusement ce calendrier. Les professionnels habilités à pratiquer cette vaccination sont nombreux : médecins, pharmaciens, sages-femmes, infirmiers. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de vaccination municipal, un Cegidd ou un centre de planification familiale. Cette accessibilité facilite grandement la démarche vaccinale.
Prise en charge financière et remboursement
L’aspect financier constitue souvent un frein. Depuis décembre 2025, le vaccin est remboursé à 65% par l’Assurance Maladie jusqu’à 26 ans révolus. Votre mutuelle prendra généralement en charge le reste. Pour les bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire ou de l’aide médicale de l’État, la vaccination est totalement gratuite, sans avance de frais.
| Type de structure | Coût de la consultation | Remboursement vaccin |
|---|---|---|
| Médecin/Pharmacien | Tarif conventionnel | 65% + mutuelle |
| Centre de vaccination public | Gratuit | 100% |
| Cegidd/Planning familial | Gratuit | 100% |
Complémentarité avec les autres mesures de prévention
Je tiens à souligner un point essentiel : la vaccination ne remplace aucunement les autres gestes de prévention. Le dépistage du cancer du col de l’utérus reste indispensable pour toutes les femmes vaccinées ou non, dès 25 ans. Entre 25 et 30 ans, un examen cytologique est recommandé, puis à partir de 30 ans, un test HPV-HR tous les cinq ans.
De même, la vaccination ne dispense pas des précautions lors des rapports sexuels. Vous pouvez consulter notre guide pratique pour éviter une MST pendant un rapport sexuel pour adopter les bons réflexes. Le préservatif, bien que ne protégeant que partiellement contre le HPV transmis par contact cutané, reste crucial pour prévenir d’autres infections.
Les enjeux sanitaires de cette extension vaccinale
Chaque année en France, les infections à papillomavirus provoquent environ 6 400 cas de cancers. En 2023, 3 159 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus ont été diagnostiqués et 1 100 décès recensés. Ces chiffres dramatiques touchent autant les femmes que les hommes, puisque 25% des cancers liés au HPV concernent la population masculine. Les cancers de l’anus et de l’oropharynx connaissent d’ailleurs une augmentation inquiétante depuis trente ans.
L’extension du rattrapage vaccinal jusqu’à 26 ans répond à plusieurs objectifs sanitaires majeurs. D’abord, elle corrige une inégalité criante qui existait selon le genre et l’orientation sexuelle. Auparavant, seuls les hommes ayant des relations avec des hommes pouvaient se faire vacciner jusqu’à 26 ans, alors que cette limite était fixée à 19 ans pour les autres. Cette différenciation n’avait aucun fondement épidémiologique solide.
Une acceptabilité remarquable chez les jeunes adultes
L’adhésion à la vaccination chez les 18-24 ans atteint environ 80%, un taux encourageant qui a progressé de 16% suite à la campagne scolaire de 2023. Cette acceptabilité facilite grandement la mise en œuvre du rattrapage vaccinal. Dans le contexte actuel de hausse des infections sexuellement transmissibles, cette stratégie constitue un levier supplémentaire de prévention.
Pour protéger son partenaire en cas de MST, la vaccination joue un rôle protecteur collectif. Plus la couverture vaccinale s’élève, plus la circulation virale diminue dans la population générale. En revanche, la couverture reste insuffisante : en 2024, seulement 48% des filles et 24,5% des garçons de 16 ans avaient réalisé un schéma complet, loin de l’objectif national de 80% à l’horizon 2030.
Sécurité et efficacité démontrées internationalement
Plus de 300 millions de doses ont été administrées dans le monde avec un profil de sécurité excellent. Les effets secondaires sont généralement bénins : douleur au point d’injection, fièvre légère, maux de tête. Une surveillance de quinze minutes après l’injection est recommandée pour prévenir les malaises.
Une étude française portant sur 2,2 millions de jeunes filles a définitivement écarté tout lien avec des maladies auto-immunes. Les résultats internationaux sont tout aussi convaincants : en Suède et en Angleterre, la vaccination permet d’éviter neuf cancers du col de l’utérus sur dix chez les femmes vaccinées avant 17 ans. L’Australie et le Canada ont observé une diminution spectaculaire des lésions précancéreuses et des condylomes.
Articulation avec l’approche globale de prévention
La vaccination s’inscrit dans une stratégie globale de santé sexuelle. Elle complète le traitement préventif contre les MST sans s’y substituer. Je rappelle qu’il n’existe aucun traitement curatif contre les infections à HPV elles-mêmes. Dans 90% des cas, le système immunitaire élimine spontanément le virus en deux ans. Mais pour les 5 à 10% restants, l’infection persiste et peut évoluer vers des lésions précancéreuses.
C’est là toute l’importance de la vaccination adulte : elle prévient ces évolutions potentiellement dramatiques qui surviennent dix à vingt ans après l’infection initiale. Parallèlement, si vous êtes confronté à une infection, notre guide sur comment soigner une MST vous apportera des informations précieuses sur les traitements disponibles pour les lésions associées.
Le vaccin peut être administré simultanément avec d’autres vaccinations recommandées chez les jeunes adultes :
- Le rappel dTcaP contre diphtérie, tétanos, coqueluche et poliomyélite à 25 ans
- La vaccination contre les méningocoques ACWY et B recommandée entre 15 et 24 ans
- Toute autre vaccination nécessaire selon votre situation personnelle
Conserver le vaccin au réfrigérateur entre 2°C et 8°C reste impératif. Ne le congelez jamais. Pensez également à faire renseigner votre carnet de santé et votre espace numérique Mon Espace Santé par le professionnel qui vous vaccine.
Agir maintenant pour protéger votre avenir
L’extension du remboursement jusqu’à 26 ans représente une opportunité historique. Environ trois quarts des jeunes adultes dans cette tranche d’âge n’ont pas encore été exposés aux infections HPV mais présentent un risque élevé de les acquérir et de les transmettre. Cette fenêtre d’action ne doit pas être négligée.
Je constate dans ma pratique quotidienne que beaucoup hésitent encore, pensant qu’il est trop tard. C’est faux. Même après le début de votre vie sexuelle, même si vous avez peut-être déjà été exposé à un type de HPV, la vaccination conserve une utilité majeure. Elle vous protège contre les autres souches et prévient les réinfections futures. L’évolution lente vers le cancer laisse une large période pendant laquelle la vaccination apporte un bénéfice réel.
Les preuves internationales convergent vers une conclusion sans appel : la vaccination réduit drastiquement l’incidence des verrues génitales, des lésions précancéreuses et des cancers. Après dix années de vaccination massive en Australie et en Angleterre, le nombre de nouveaux cas de condylomes et de dysplasies a spectaculairement chuté. Ces résultats tangibles doivent nous encourager à saisir cette chance de protection individuelle et collective.
N’attendez plus pour prendre rendez-vous avec un professionnel de santé. La démarche est simple, accessible financièrement et les bénéfices sur votre santé future sont considérables. Rappelez-vous que la priorité reste la vaccination précoce entre 11 et 14 ans, mais que le rattrapage jusqu’à 26 ans constitue une seconde opportunité précieuse qu’il serait dommage de manquer.
Sources externes :
– Haute Autorité de Santé
– Institut National du Cancer