Grille AGGIR : définition et évaluation complète

L’article en bref

La grille AGGIR évalue l’autonomie des personnes âgées en France. Cet outil détermine le niveau de dépendance et conditionne l’accès à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie.

  • 17 variables d’évaluation : 10 discriminantes (toilette, alimentation, déplacements) et 7 illustratives (cuisine, ménage, activités de loisir)
  • 6 niveaux GIR : du GIR 1 (très dépendant) au GIR 6 (autonome), déterminant le montant de l’APA
  • Évaluation officielle : seule l’équipe médico-sociale du Conseil départemental est habilitée à attribuer un GIR à domicile
  • Aides alternatives : les GIR 5 et 6 peuvent accéder à d’autres soutiens des caisses de retraite ou du Conseil départemental
  • Réévaluation possible : le GIR peut être révisé si la situation de santé change significativement

Chaque année, des milliers de familles se retrouvent face à une question difficile : comment évaluer objectivement les besoins d’un proche qui perd son autonomie ? La grille AGGIR répond précisément à ce besoin. Élaborée conjointement par des médecins de la Sécurité sociale et de la Société Française de Gérontologie, elle forme aujourd’hui l’outil de référence national pour mesurer la perte d’autonomie des personnes âgées en France.

Qu’est-ce que la grille AGGIR et à quoi sert-elle ?

La grille AGGIR — pour Autonomie Gérontologique et Groupe Iso Ressources — est un outil d’évaluation standardisé qui détermine le niveau de dépendance d’une personne âgée. Elle s’applique dans deux contextes principaux : à domicile, lors d’une demande d’APA auprès de l’équipe médico-sociale du département, et en EHPAD, lors de l’admission d’un nouveau résident par le médecin coordonnateur.

Son résultat, appelé GIR (Groupe Iso Ressources), conditionne directement l’accès à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie et son montant. Ce n’est donc pas un simple document administratif — c’est la porte d’entrée vers des aides financières concrètes. La CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) est l’organisation officiellement responsable de cet outil.

Un point souvent méconnu : le médecin traitant n’est pas habilité à attribuer un GIR officiel. Selon l’article L232-6 du Code de l’action sociale et des familles, seule l’équipe médico-sociale du Conseil départemental est compétente pour réaliser cette évaluation à domicile. En établissement, c’est le médecin coordonnateur qui remplit ce rôle, conformément à l’article D312-158 du même code.

Les 17 variables qui composent la grille

La grille repose sur 17 rubriques appelées variables, réparties en deux catégories distinctes. Les 10 variables discriminantes servent directement au calcul du GIR : cohérence, orientation, toilette, habillage, alimentation, élimination, transferts, déplacements intérieurs, déplacements extérieurs et communication à distance.

Les 7 variables illustratives — gestion, cuisine, ménage, transport, achats, suivi du traitement et activités de temps libre — n’entrent pas dans le calcul mais enrichissent le plan d’aide. Elles renseignent sur l’autonomie sociale et domestique de la personne.

Comment chaque variable est cotée

Chaque rubrique reçoit une note parmi trois modalités. La lettre A signifie que l’acte est accompli seul, spontanément, totalement et correctement. La lettre B indique une réalisation partielle ou irrégulière. La lettre C correspond à un acte que la personne ne peut pas accomplir seule.

La notion de « seul » est précise : elle suppose aucune incitation ni stimulation d’un tiers. Une personne qui a besoin qu’on lui rappelle de se laver ne sera donc pas cotée A pour la toilette, même si elle est physiquement capable de le faire.

Les aides matérielles intégrées à l’évaluation

Les aides techniques sont considérées comme faisant partie de la personne lors de l’évaluation. Lunettes, prothèses auditives, fauteuil roulant, poche de colostomie : si la personne les utilise, elles sont intégrées à l’évaluation. Un senior qui se déplace parfaitement avec un déambulateur sera donc évalué en tenant compte de cet outil.

Les 6 niveaux GIR et les droits à l’APA associés

Le résultat de l’évaluation classe chaque personne dans l’un des 6 niveaux de l’échelle GIR, du plus dépendant (GIR 1) au plus autonome (GIR 6). Ce classement détermine directement l’accès à l’APA et son montant mensuel maximum.

Niveau GIR Profil de dépendance Montant APA max/mois (2026)
GIR 1 Confiné au lit, fonctions mentales gravement altérées 2 080,33 €
GIR 2 Confiné au lit/fauteuil ou fonctions mentales altérées avec déplacements 1 682,30 €
GIR 3 Autonomie mentale conservée, aide corporelle quotidienne nécessaire 1 215,99 €
GIR 4 Transferts difficiles, aide pour toilette et habillage 811,52 €
GIR 5 Déplacements intérieurs autonomes, aide ponctuelle Non éligible APA
GIR 6 Autonome pour tous les actes discriminants Non éligible APA

Depuis le 1er janvier 2026, ces montants sont revalorisés. Si l’APA calculée est inférieure à 36,06 euros par mois, elle n’est pas versée. Les personnes classées en GIR 5 ou 6 ne sont pas éligibles à l’APA mais peuvent solliciter d’autres soutiens.

Quelles aides pour les GIR 5 et 6 ?

Les seniors en GIR 5 et 6 disposent de recours concrets. Le Conseil départemental peut octroyer une aide financière pour des services à domicile si les ressources sont inférieures à 933,89 euros par mois. Le bénéficiaire doit avoir au moins 65 ans — ou 60 ans s’il est reconnu inapte au travail. Le plafond est fixé à 30 heures mensuelles d’aide à domicile (48 heures pour un couple).

Attention : cette aide est récupérable sur la succession si elle dépasse 46 000 euros. Les caisses de retraite — Carsat, MSA, Sécurité sociale des indépendants — disposent également de leurs propres évaluateurs et peuvent attribuer des aides complémentaires, selon des conditions variables d’une caisse à l’autre.

Réévaluation du GIR : quand et comment agir ?

Le GIR n’est pas figé. L’état de santé évolue — parfois vers plus de dépendance, parfois vers une supérieure autonomie grâce à une prise en charge adaptée. Demander une réévaluation est un droit, et il ne faut pas hésiter à l’exercer dès que la situation change significativement.

À domicile, il faut contacter directement l’équipe médico-sociale qui a réalisé la précédente évaluation. En EHPAD, la réévaluation s’effectue généralement de manière automatique via le suivi médical continu. Une personne précédemment classée en GIR 5 ou 6 dont l’état se dégrade peut déposer une nouvelle demande d’APA sans attendre.

Un conseil utile : utilisez un simulateur en ligne pour obtenir une estimation préalable de votre niveau GIR avant la visite officielle. Ce résultat reste indicatif — seul un professionnel habilité peut attribuer un GIR officiel — mais il aide à mieux préparer la rencontre avec l’équipe médico-sociale et à anticiper les démarches administratives à venir.


Sources externes :

— Service-Public.fr, rubrique autonomie et personnes âgées

— CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie), documentation officielle sur la grille AGGIR

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