L’article en bref
L’article en bref — Découvrez le rôle essentiel des AESH, ces professionnels qui accompagnent les élèves en situation de handicap.
- Missions principales : soutien aux apprentissages, aide aux actes quotidiens et accompagnement social, toujours orientés vers l’autonomie de l’élève
- Cadre légal : attribution via la MDPH et la CDAPH, mise en œuvre selon le Projet Personnalisé de Scolarisation
- Trois formes d’accompagnement : individuel, mutualisé ou collectif en ULIS, selon les besoins spécifiques
- Recrutement et évolution : CDD de 3 ans renouvelable, transformé en CDI après 3 années depuis 2023, avec formation obligatoire de 60 heures minimum
- Professionnalisation : le DEAES est la formation de référence, coordonnée par les PIAL depuis 2019
Je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de l’accompagnement éducatif, et une question revient très souvent chez les parents : qu’est-ce qu’une AESH, concrètement ? Derrière cet acronyme se cache un métier essentiel, fréquemment méconnu, qui touche aujourd’hui des dizaines de milliers d’élèves scolarisés en France. Permettez-moi de vous expliquer tout cela de façon claire et précise.
Définition et missions d’un accompagnant d’élèves en situation de handicap
Qu’est-ce qu’une AESH ? Il s’agit d’un Accompagnant d’Élèves en Situation de Handicap, c’est-à-dire un professionnel recruté par l’Éducation nationale pour soutenir des enfants ou adolescents dont la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) a reconnu le besoin d’une aide humaine. L’attribution est ensuite notifiée officiellement par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). Ce n’est donc pas une décision arbitraire : elle s’appuie sur une évaluation rigoureuse du besoin de l’élève.
Concrètement, l’AESH intervient dans trois grands champs auprès de l’élève :
- Le soutien dans les activités d’apprentissage (prise de notes, compréhension des consignes, organisation du travail)
- L’aide dans les actes de la vie quotidienne (déplacements, repas, hygiène si nécessaire)
- L’accompagnement à la vie sociale et relationnelle dans l’école ou l’établissement
L’objectif central reste le développement de l’autonomie de l’élève, pas sa mise sous tutelle. Cette nuance est fondamentale. L’AESH ne fait pas à la place de l’enfant — il facilite et sécurise l’accès aux apprentissages.
Les trois formes d’accompagnement possibles
Selon le profil de l’élève, l’accompagnement peut prendre trois formes distinctes. L’aide individuelle est dédiée à un seul élève avec des besoins spécifiques importants. L’aide mutualisée concerne plusieurs élèves aux besoins moins intenses. Enfin, l’accompagnement collectif s’exerce au sein des Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire (ULIS), structures accueillant des groupes d’élèves partageant des profils de handicap proches.
Le PPS, boussole des missions de l’AESH
Toutes les interventions de l’AESH s’articulent autour du Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS), document co-construit avec l’équipe pédagogique, la famille et les professionnels de santé. L’AESH participe également aux réunions des équipes de suivi de scolarisation et contribue à la mise en œuvre du Plan Personnalisé de Compensation. Selon la circulaire n° 2019-088 du 5 juin 2019, un entretien est organisé avec la famille, l’enseignant et l’AESH dès la pré-rentrée, au plus tard avant les congés d’automne.
Le rôle des PIAL dans l’organisation
Depuis 2019, les Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés (PIAL) coordonnent la répartition des AESH dans chaque département. Leur mission : plus de réactivité, plus de souplesse, et une professionnalisation accrue des accompagnants. C’est un changement organisationnel majeur qui a modifié en profondeur les conditions de travail sur le terrain.
Recrutement, formation et statut contractuel
Le cadre juridique de la profession repose notamment sur le décret n° 2014-724 du 27 juin 2014, complété par le décret du 27 juillet 2018 qui précise les conditions de recrutement. Pour postuler, trois profils sont acceptés : les titulaires d’un diplôme professionnel dans l’aide à la personne, les candidats justifiant d’au moins 9 mois d’expérience professionnelle auprès de personnes en situation de handicap, et ceux détenteurs d’un titre ou diplôme de niveau IV minimum (baccalauréat).
Les candidatures se déposent immédiatement auprès des académies ou via la plateforme SIATEN (Système d’Information des Agents Temporaires de l’Éducation Nationale), qui permet de suivre l’avancement du dossier en ligne. Une fois recruté, l’AESH sans diplôme spécialisé suit une formation d’adaptation à l’emploi d’au moins 60 heures, intégrée dans son temps de service.
| Type de contrat | Durée | Conditions d’évolution |
|---|---|---|
| CDD initial | 3 ans, renouvelable une fois | Renouvellement selon évaluation |
| CDI | Indéterminée | Après 3 années d’exercice (depuis septembre 2023) |
Les décrets du 13 juillet 2023 ont marqué un tournant : les AESH ayant exercé 3 années voient leur CDD transformé en CDI à partir de septembre 2023. Une hausse du point d’indice a également été appliquée en juillet 2023 puis en janvier 2024, et une prime unique de pouvoir d’achat était abordable avant la fin de l’année 2023. Ce sont des avancées concrètes, même si des revendications syndicales persistent sur le temps partiel subi.
Le DEAES, diplôme de référence du secteur
Le Diplôme d’État d’Accompagnant Éducatif et Social (DEAES), de niveau V, forme la formation la plus cohérente pour ce métier. Il remplace deux anciens diplômes — l’auxiliaire de vie sociale et l’aide médico-psychologique — et propose une spécialité dédiée à l’accompagnement à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire, particulièrement adaptée au contexte scolaire.
L’entretien professionnel et le rôle des référents
Chaque AESH bénéficie d’un entretien professionnel au minimum tous les 3 ans, destiné à évaluer son activité et envisager des perspectives d’évolution. Dans chaque département, le directeur académique peut désigner des AESH expérimentés comme référents d’appui pour les nouveaux collègues, une fonction valorisée par une indemnité spécifique renforcée par les textes de juillet 2023.
S’engager dans ce métier — perspectives et réalités du terrain
Au-delà du cadre réglementaire, devenir accompagnant d’élèves en situation de handicap implique un engagement humain fort. Sur le terrain, j’observe que les AESH les plus efficaces sont ceux qui savent doser leur présence : ni trop intrusifs, ni trop en retrait. C’est un équilibre délicat, qui s’acquiert avec l’expérience et la formation continue.
La question du temps partiel reste un sujet sensible. Beaucoup de postes sont proposés à 62 % du temps de travail, ce qui impacte directement la rémunération. La transformation en CDI après 3 ans représente une stabilité nouvelle, mais le débat sur la revalorisation salariale est loin d’être clos.
Si vous envisagez ce parcours professionnel, préparez-vous à travailler en étroite collaboration avec des équipes pluridisciplinaires — enseignants, psychologues scolaires, familles — et à adapter constamment vos pratiques aux besoins évolutifs de chaque élève. C’est précisément ce qui rend ce métier exigeant et, à la fois, profondément gratifiant.
Sources : Education.gouv.fr — Textes officiels relatifs aux AESH ; Service-public.fr — Fiche pratique accompagnant d’élèves en situation de handicap.